No milk today, my love has gone away.

Il y a quelques années lorsque j’ai découvert que tu avais un nouvel amour, je m’étais effondrée. Je ne pensais pas qu’un jour tu puisses me remplacer. Je pensais que notre amour était tellement profond qu’on ne s’oublierait pas, qu’il était impossible pour nous de nous désaimer et surtout, j’imaginais naïvement qu’un jour je reviendrai à Paris et que nous finirions par nous retrouver.
J’ai mis un temps fou à comprendre que notre amour était mort et enterré depuis longtemps, mais alors que tu avais fait ton deuil comme toute personne normalement constituée, j’étais restée dans la phase initiale, celle du déni , à tel point que je me croyais heureuse et guérie mais simplement parce que je ne réalisais pas que le futur que nous avions imaginé ne verrait jamais le jour.
Récemment je suis retombée sur une lettre que j’avais écrite lorsque tu as eu 25ans. Je ne te l’ai jamais adressée parce qu’avec les années j’ai finalement compris qu’il fallait cesser de vouloir creuser un chemin pour réussir à atteindre les frontières de ta vie parce que je n’en avais plus le droit, parce que tu n’en avais plus envie et surtout ; parce que cela n’avait plus de sens.
Tu as toujours mis notre rencontre sur celle du Destin et étrangement, au fond de moi j’ai toujours senti que nous étions trop différents pour nous comprendre totalement et parfaitement, deux enfants qui se tenaient chacun au bord de la frontière pour atteindre le territoire de l’autre. Et voilà ce que j’écrivais le soir du 7 novembre, je comprenais enfin l’impossible, j’en saisissais la portée et les conséquences que cela impliquait pour nous.
J’ai passé bien trop de temps à le perdre, à tenter de redessiner les contours d’une vie avec toi, alors que celle-ci avait été avortée.
Il y a quelques jours j’ai eu un sacré choc en contemplant des photos de toi. C’est terrible, j’ai l’impression d’avoir encaissé un coup dur. Une gifle cinglante, celle des 6 dernières années qui frappe de plein fouet et bien sûr je n’ai rien vu venir. 6 ans se sont écoulés en un clin d’œil et je me rends compte que le temps qui passe ne pardonne rien.
Je me rappelle de tes rides d’expression au coin de tes yeux lorsque tu souriais, je me souviens que tu complexais car tu n’avais pas beaucoup de cheveux. Et là, lorsque je vois que tes rides se sont creusées et que tu as perdu une partie de tes cheveux, je ressens une nostalgie étrange, celle de la tendresse que j’éprouvais envers toi, celle de l’amour que tu réveillais lorsque je te voyais et qui m’accompagnait toujours.
C’est là que je me dis que je ne t’ai pas vu grandir et que je ne te verrai jamais vieillir. Je me rends compte que je ne reverrai jamais ton grand sourire.
Justine Lévy écrivait : Peut-on avoir la nostalgie de ce qui n’a pas été ?
Bien sûr que oui, cela s’appelle les regrets.

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