Autopsie d’un échec

Where is the love that you had?

Bande-son : As animals – I See Ghosts http://www.youtube.com/watch?v=N-as7PV-fjM

Je trouve ça dingue le pouvoir qu’une personne peut en exercer sur une autre. Se laisser séduire, laisser l’autre envahir son esprit et modifier son comportement… C’est une chose à la fois excitante et impitoyable.

Ça faisait des mois, voire même des années que je n’avais pas ressenti ça pour quelqu’un. Comme si d’un coup toutes mes émotions ankylosées se réveillaient doucement : la joie, la colère, la tristesse revenaient en force.

On m’a demandé si je regrettais et même maintenant, je ne pense pas. Après tout, ce sont les émotions qui nous font sentir en vie.

Je me suis sentie vivante, le peu de temps que ça a duré.

J’ai encore des images précises en tête, de nous deux allongés au soleil, dans l’herbe, la musique en fond sonore. J’étais allongée contre ton torse et je t’ai avoué que là, à ce moment précis, j’étais heureuse. J’ai d’autres souvenirs en tête : nous en train de nous embrasser dans la rue, de la manière dont tu jouais avec mes cheveux, du son de ton rire…

Je me suis mise à espérer malgré moi. J’aurais voulu ne pas te faire fuir, mais ton désir de liberté était plus puissant que ce qui nous liait. Ce fut brutal pour moi. C’en était fini des journées au soleil et j’ai cherché ta main dans l’obscurité sans pouvoir la retrouver.

Deux mois se sont écoulés, deux mois pendant lesquels j’ai vainement attendu un signe quelconque de ta part, où j’ai tenté d’obtenir des informations par des connaissances que nous avons en commun et où j’étais en proie à une nostalgie tenace.

Durant ces deux mois, j’étais simplement triste d’avoir été délaissée et j’ai passé mon temps à m’interroger, torturée par des milliers de questions.

Je me suis principalement demandée pourquoi tu as brusquement décidé de lâcher ma main et de t’éloigner. J’ai tenté de me raisonner, en me disant que c’était mieux ainsi, que nous sommes de toute façon trop différents pour nous comprendre réellement.

Beaucoup de personnes m’ont révélé ne pas nous « voir ensemble ». A vrai dire, cela ne me fait ni chaud ni froid, notre histoire ne concernait que nous. Personne n’est en mesure de savoir ce que c’était, hormis nous.

C’était beau, c’était bien, je t’avais dit « Pour vivre heureux, vivons cachés » mais l’isolement ne dure qu’un temps, la réalité nous a rattrapé.

Deux mois… et j’ai tourné notre histoire un nombre incalculable de fois, à essayer d’analyser des paroles, des regards, des gestes et des mots échangés afin d’en saisir l’essence et la signification cachée.

Où m’étais-je trompée ? Qu’avais-je raté ? Pourquoi as-tu fui ?

J’ai fini par me dire que je n’obtiendrai pas ses réponses alors j’ai fouillé du seul côté où je pouvais le faire, car si ta vision des choses me manque, la mienne est là, prête à être dévoilée.

J’ai eu peur que tu me trahisses. Je m’en suis voulu de fouiller dans tes mails lorsque tu es parti de chez moi avec ta session ouverte. J’avais conscience d’être en tort, de violer ton intimité et de ne pas te respecter. J’ignore ce qui m’a pris, le désir d’en savoir plus, l’envie d’avoir la certitude d’être la seule pour toi.  Je n’ai pas été déçue en tombant sur un message de toi annonçant ton retour dans ta ville natale, ponctué de sous-entendus coquins. J’ai lu la conversation un certain nombre de fois, en regardant les dates pour tenter de comprendre l’histoire qui se tramait derrière. Jusqu’à ce que ça me paraisse limpide : cette fille était à tes pieds. Et elle ne te laissait pas indifférent visiblement.

Je me suis sentie mal mais j’ai préféré te laisser le bénéfice du doute, le message datait d’avant ‘nous’.

Cet incident aurait été vite oublié si une semaine après, une fille ne t’avait pas proposé de t’héberger ‘comme la dernière fois’.  Juste devant moi. J’ai choisi de le prendre à la rigolade et surtout j’ai choisi de te croire lorsque tu m’as répondu n’y être jamais allé et trouver cette fille ‘chelou’.

Le fait que tu plaises aux filles n’est pas le souci. Je pense qu’il s’agit d’un manque de confiance : je manque de confiance en moi et je manque de confiance en toi. Je sais que tu n’es pas insensible lorsqu’une fille est attirée par toi, qu’elle est jolie et qu’elle te signifie que tu lui plais. J’aurais voulu que nous soyons différents sur ce point, j’aurais voulu qu’il n’y ait que nous deux…

Autre chose, j’avais beau parler, parler et te dévoiler énormément, tu m’intimidais énormément. Je pense que c’est toujours le cas. J’étais impressionnée par ton charisme, ta présence, ton art de te faire apprécier des gens… ça me paraissait important que tu aies une bonne image de toi, que tu m’admires également et surtout que tu tiennes à moi. Seulement, c’est difficile une relation comme ça, je crois que c’est inévitable, lorsque l’on met l’autre sur un piédestal, par effet d’optique, on se retrouve plus bas que terre.

Je me suis sentie vulnérable. Je n’ai jamais su te répondre, pourtant à plusieurs reprises j’ai été fâchée, j’aurais voulu exprimer ma déception ou ma colère, mais abasourdie, je me suis un peu laissé faire.

Voilà où j’en suis aujourd’hui. Tu n’es plus là, mais me voici, avec des souvenirs heureux, l’autopsie d’une histoire trop rapidement avortée et l’espoir que tu finiras par cesser de me manquer.

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